Mai 68 au masculin

Voix de Mai 68 à 1981

« L’important, c’est que l’action ait eu lieu, alors que tout le monde la jugeait impensable.

Si elle a eu lieu cette fois-ci, elle peut se reproduire… »

(Jean-Paul Sartre, 1968)

PROJET DOCUMENTAIRE: 90 mn

Premier film (déjà diffusé) : Mai 68 vu et vécu par les femmes

Deuxième film: Mai 68 vu et vécu par les hommes

Auteur – Réalisateur

Jorge Amat

Conseiller historique

Guy Scarpetta

SOMMAIRE

Résumé

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Note d’intention

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Structure du film

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Intervenants

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Photos Mai 68

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Chronologie des événements de Mai 68

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Filmographie du réalisateur

RESUME

L’envie de faire ce film est aussi en relation avec l’actualité où les structures des partis traditionnels sont en train de s’effriter, phénomène commencé justement en 1968. On pourrait dire que c’est maintenant que les idées de Mai 68 sont de plus en plus nécessaires. Car en 1968 ce ne sont pas les partis qui ont enflammé la rue mais des citoyens qui déjà ne croyaient plus dans le système de vie que la société leur offrait. Le contre-pouvoir d’alors est parti de la rue, de groupuscules et d’individualités qui se sont agglomérés selon les affinités politiques.

Il s’agit de mettre face à face, lors d’interviews, des personnages, totalement opposés, qui n’ont pas l’air d’avoir vécu la même histoire, dans le même pays, et non un film nostalgique, où des ex gauchistes racontent leurs heures de gloires.

Avec plus de 50 ans de recul cela nous permet de voir, ce qui positif, faux, ou tient de la propagande sinon de la forfanterie ou même de la légende.

Note d’intention de réalisation:

Ce film se veut un peu comme Les journées de Mai 68, vivant, comme une polyphonie de voix qui dans un mouvement brownien donnerait aux spectateurs une sensation de vie, d’euphorie, de lutte et d’adrénaline. Ce n’est pas un film d’histoire mais une recherche d’archéologie humaine dans les cendres de ce que fut cette éruption volcanique non annoncée dans le ciel de Mai en 1968.

La narration filmique s’articulera chronologiquement sur une série d’entretiens qui seront illustrés et entrecroisés avec des éléments d’archives pour que l’on situe aussi bien l’époque que l’environnement (le look, la musique, la presse, le ton des voix). On recherchera des archives moins connues tout en nous approchant le plus possible des visages, des mots d’ordres et du contraste entre cette jeunesse et la violence de la répression d’une société qui n’aimait pas ses enfants. Le visuel est très important, il s’agit d’avoir un impact fort, quitte à utiliser des extraits des ciné-tracts et de la propagande de ces années là.

Autre élément qui m’a frappé c’est le changement du discours politique aussi bien dans la pratique du théâtre, de la poésie, de la peinture, de l’affiche et de la chanson qui a basculé et essayé de s’exprimer autrement. Cela il faut le montrer avec le travail du « living Theater », du théâtre du soleil, de Gerard Fromanger, Jean Jacques Lebel…et bien d’autres. Pour donner un décor qui correspond a ce film qui est fait de fragments de mémoires, de vécus, d’archives, de tracts, de dessins, de photos, je pense que le mieux est de reconstruire un Paris virtuel. Il serait une imbrication d’images de la ville en 1968 reflétée dans celle d’aujourd’hui comme un espace factice fabriqué par notre cerveau.

On passera de l’Odéon de 2017 à celui occupé par les étudiants. Dans une télé d’une vitrine du Bd St Michel on verra les CRS charger dans cette même rue 50 ans avant. Casser l’espace temps pour donner plus de force à la parole. On ne reconstruit pas le passé, on le juxtapose à côté du notre et de notre mémoire.

Bien sur que nous n’allons pas occulter les hommes comme Hervé Hamon qui était étudiant à la Sorbonne, le préfet Maurice Grimaud lui, était à la préfecture ou à l’Elysée avec de Gaulle, tandis que Le Dantec tirait les ficelles des événements avec un groupe de gauchistes qui apprennent ainsi la politique dans la rue.

Chacun à sa façon se situait dans un Paris différent. La bataille se passait entre des positions bien délimitées : La préfecture de police de Paris, Matignon, l’Odéon et l’ORTF tandis que la rue appartenait quant aux manifestants quant à la police. Ce sont dans ces lieux de pouvoir et de contre-pouvoir que s’est déroulé cette insurrection, qui avait quand même réussi à bloquer la France entière. On ne raconte pas une légende, on montre ce qui reste de l’envers du décor.

Pour faire le film sur le cinquantième anniversaire de Mai 68 je vais prendre comme ossature les interviews que j’ai faites il y a plus de dix ans pour le journal « Le Monde » et qui sont restées inédites car jamais diffusées. Cela me permet de construire une structure filmique autour des lieux du pouvoir et de la contestation (contre-pouvoir) en relation avec des témoins qui ne sont plus là et d’autres que nous allons filmer.

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Intervenants déjà filmés en:

Jean Pierre Le Dantec, Jean Pierre Duteuil, Jean Jacques Lebel,

Edgar Morin, Henri Weber, Gerard Fromanger, Guy Scarpetta,

Alain Jaubert, Thomas Ibanez, Maurice Grimaud, Edouard Balladur, Hervé Hamon, Jean Jacques Tarnero, Marc Levitte.

2008 : Maurice Grimaud, Edgar Morin, Henri Weber, Hervé Hamon, Edouard Balladur.

2019: Jean Pierre Duteuil, Gerard Fromanger, Guy Scarpetta, Jean Jacques Lebel.

2020: Jean Jacques Tarnero, Marc Levitte, Jean Pierre Le Dantec,

Alain Jaubert, Thomas Ibanez.

NOTE D’INTENTION

Ce documentaire veut aussi rappeler que Mai 68 a été tout à fait déterminant en France et a agi sur deux fronts : d’un côté face au gouvernement et à sa police, de l’autre face au Parti communiste et aux syndicats. Mai 68 a marqué la fin de l’hégémonie du Gaullisme et du PCF qui avaient perdu leur légitimité de partis oubliant qu’ils avaient eux aussi été jeunes et plein d’espérance.

Les événements de Mai 68 ne peuvent être vus indépendamment du mythe, de la mémoire et de l’oubli collectif qui les entourent. Cinquante ans après, la multiplicité d’écrits et de témoignages, d’interprétations, ont fini par vider l’évènement de ses dimensions politiques en le transformant en un genre d’ovni, de paradis d’où on a été déchu. Comme se serait trop long de faire l’inventaire de toutes les actions et de la répression en Mai 68, de faire un étalage des « leçons » que l’on pourrait en tirer nous avons sélectionné à travers un choix de personnages très différents des moments et des réflexions de ce vécu. 

Le philosophe Cornelius Castoriadis a écrit « les gens avaient ce besoin de croyance. Ils le remplissaient comme ils pouvaient, les uns avec le maoïsme, les autres avec le trotskisme et même avec le stalinisme, puisqu’un des résultats paradoxaux de mai 1968, cela n’a pas été seulement d’apporter de la chair au squelette maoïste ou trotskiste mais cela a été d’augmenter encore à nouveau le recrutement du PC, malgré l’attitude absolument monstrueuse du PC pendant les événements et pendant les accords de Grenelle »7. 

Il y a plusieurs façons d’analyser une période historique, surtout pour un documentaire. On peut prendre les rushes existants sur le sujet, faire un montage chronologique puis dégraisser l’ours jusqu’à ce que l’on arrive à faire une narration cohérente. Moi ce que j’ai envie c’est de voir comment et pourquoi certains événements, images sont parvenus a rester dans notre inconscient collectif et marquent, scellent une légende, des idées reçus et même le besoin de mythification d’une période idéalisé. Mai 68 regorge de tout cela, les archives, images, mots d’ordres, les affiches, les personnages principaux tout cela c’est amassés pour fabriquer un genre de monument où chacun y trouve son crédo, sa philosophie où même une idée de paradis, d’utopie réalisée. Comme disait Raymond Aron: « Une révolution introuvable? », ou dans un autre texte « les Français, depuis 1789, magnifient toujours rétrospectivement leurs révolutions, immenses fêtes durant lesquelles ils vivent tout ce dont ils sont privés dans les périodes normales et ont le sentiment d’accomplir leurs aspirations, fût-ce dans un rêve éveillé. Une telle révolution apparaît nécessairement destructive, elle s’accompagne des projets les plus extravagants, négation utopique de la réalité ».

Par exemple qui a dit « nous sommes tous des juifs allemands« ?

Pour Daniel Cohn-Bendit : » Slogan qui reprenait une phrase de Georges Marchais, qui m’avait traité d’anarchiste allemand pour faire jouer la phobie antiboche: les étudiants à Nanterre ont crié ce qu’il n’avait pas osé dire: «juif allemand». Depuis, l’anathème raciste contre l’enragé est devenu anathème antiraciste. Et ce slogan a servi de support au refus de l’exclusion sous toutes ses formes: «Nous sommes tous des immigrés», «Nous sommes tous des étrangers», «Nous sommes tous des sans-papiers». Il traduit une identification d’une partie de la jeunesse avec ceux qui sont en marge de la société. C’est un slogan qui a eu une vie autonome. Il a survécu comme symbole de solidarité. C’est un bon slogan. Il a une puissance émotive très explicite. Il supporte sa propre métamorphose. Je lui souhaite longue vie. »

Qui a dit (est ce vrai) que le préfet Grimaud avait empêché le massacre des étudiants?

Est ce que Mai 68 a été vraiment une période où l’on pouvait « jouir sans entrave ».

Est ce vrai que De Gaulle à été voir Massu pour déferler avec ses tanks sur Paris insurgé?

Est ce que l’on pensait vraiment prendre le pouvoir?

D’autres qui s’échinent depuis des années à vouloir détruire ce mythe, ils décrivent « Mai 1968 » comme l’expérience d’une énorme déception.

Luc Ferry et d’Alain Renault veulent démontrer comment le prétendu humanisme de Mai 68 s’est inversé en un anti-humanisme favorisant l’émergence d’une société de consommation. Pour eux, les idées de 68 se distinguent surtout par l’absence de projet de société viable.

Le fait de détruire les références à un ordre social a conduit aux exagérations et aux confusions les plus terribles. Tout se passe comme si à cause de cette libération, il était possible de tout faire et de tout dire. Mai 68 est l’illustration d’une certaine forme d’infantilisme social privilégiant l’esprit de révolte. Les accusateurs reprochent plus spécifiquement aux thuriféraires de mai 1968 d’avoir fragilisé cette institution fondamentale de la société qu’est l’école. Luc Ferry, lorsqu’il était ministre de l’Éducation Nationale, a sorti à maintes reprises le spectre de 68 pour expliquer les déboires du fonctionnement de l’institution scolaire. La remise en cause, voire l’abolition de la hiérarchie, qui était l’un des maîtres mots de mai 68, était peut-être souhaitable pour certaines institutions, mais en aucun cas pour l’école. Ce phénomène pourrait expliquer le repli de beaucoup de jeunes soixante hui tard dans les communauté rurale, hippies où urbaine.

Henri Weber pose le tableau de cette époque et du contexte global en mai 1968, avec une succession d’arrêts de travail à travers tout le pays suivi de violentes manifestations contre la guerre du Vietnam organisées par les étudiants au cours des premiers jours du mois. Pendant cinq à six semaines, la France s’est trouvée totalement paralysée. Parmi les insurrections qui se sont produites dans le monde au cours des années 1960, au Mexique, aux Etats-Unis, en Allemagne, au Japon ou ailleurs, la France et dans une moindre mesure, l’Italie, sont les seuls pays à avoir connu une « rencontre » entre le refus intellectuel de l’idéologie dominante et la révolte des travailleurs. En France, l’extension rapide de la grève générale, sur un plan tant géographique que professionnel, a dépassé tous les cadres d’analyse ; trois fois plus de travailleurs se sont mis en grève que pendant le Front populaire en 1936, et ce, dans un laps de temps exceptionnellement court. L’ampleur particulière de cet événement a surpassé les attentes et le contrôle des plus vigilants de ses protagonistes et de ces détracteurs.

Le philosophe Edgar Morin analyse ce qui réellement s’est passé là, même si c’était alors invisible, a été le passage d’une époque à une autre. L’ordre politique était en réalité celui de la guerre froide, où il y avait deux modèles clairement identifiés – les démocraties à l’Ouest et les États socialistes à l’Est. C’est la fin d’un certain type d’espérance et d’expériences politiques par rapport aux pays socialistes qui était clos.

Cette période-là était aussi caractérisée par un affrontement incessant avec le Parti communiste français qui voulait monopoliser la parole contre le capitalisme. Le grand poète communiste Aragon a été rejeté par les étudiants qui ne pouvaient accepter ce genre de discours. A ce moment-là, il n’était plus le poète, mais un dogmatique qui faisait fi des sentiments de la compassion, notamment pour les victimes du Goulag soviétique.

Si on regarde en arrière deux conséquences majeures des événements de Mai 68 témoignent de cette vérité : d’une part la disparition pour un bon moment de l’extrême droite dans le paysage politique, d’autre part la lente érosion du Parti communiste devenu peu à peu, pour reprendre le vocable dont sa hargne affublait les gauchistes d’alors, un « groupuscule ». Si on peut parler de « révolution culturelle », ce ne fut pas telle ou telle situation sociale ou économique, telle revendication de salaire, mais le mode de vie lui-même et la dignité, les valeurs sur lesquelles une jeunesse aurait à fonder son existence, la possibilité d’opposer à un monde protégé, balisé, injuste et répressif, un monde émancipé aspirant à d’autres valeurs. Changer la vie fut alors l’un des mots d’ordre omniprésent capable d’opposer sa claire virulence à un ordre politique omni puissant alors. 

La force et l’importance de la parole d’Edgar Morin est déterminé par sa vision critique non tant des événements que par celle de la pléthore de pseudos études et surtout par une pensée du genre révisionniste (cachée) qui commence à devenir dominante qui dit :  » Personne n’est mort en 68. « . Cette phrase souvent entendue est fausse. On doit la prendre comme une volonté de donner à cette mini insurrection, tout comme aux militants et à l’Etat, une dimension inoffensive, presque  » bon enfant « . Doit-on juger l’importance d’un événement politique au nombre de ses morts ?

Quand il s’agit d’un événement culturel, certainement pas ; et c’est bien sous ce label que l’histoire officielle de la fin des années 1980 a classé Mai 68. Car, comme le dit dans notre interview Édouard Balladur, d’un point de vue politique, il ne s’est absolument rien passé, ses effets n’ont été que purement culturels, du moins, c’est ce qu’affirment Bernard Lauzanne, directeur de la rédaction du journal le Monde, et Maurice Grimaud, préfet de police de Paris en 1968, paroles que l’histoire a retenues, autorisées, imposées, célébrées et commémorées dans les livres et les programmes télévisés.

Pour « Le Monde » en 1968, le marxisme-léninisme était déjà moribond, mais pour nous le mur de Berlin était encore debout pour vingt et un ans pour protéger le socialisme à visage inhumain. Le romantisme des gauchistes antibourgeois était parfaitement conscient de ses outrances, voire de ses absurdités. Mais tant qu’une autre société passait pour encore possible, il pouvait se montrer impitoyable envers celle que l’on connaissait, l’accabler de crimes imaginaires ( » CRS = SS ! « ) et de revendications inconsidérées ( » Soyez réalistes, demandez l’impossible ! »). Ce surréalisme politico poétique à la mode  » situ «  n’avait de sens que s’il débouchait à la fois sur la subversion des mœurs et sur une voie sans issue. Comme le dit Henri Weber, il n’est pas question de prendre le pouvoir. Ce qu’il faut c’est secouer le cocotier. Quand la révolution est un rêve, un mot d’ordre, elle peut tenir lieu de programme, c’est-à-dire dispenser de toute imagination pratique.

Les lieux de contre pouvoir à Paris furent surtout: Nanterre, La Sorbonne et l’Odéon, l’école des Beaux arts d’un coté pour les étudiants et les usines Renault …Flins, Sochaux.

Le peintre Gérard Fromanger qui était un des fondateurs de « Atelier populaire des beaux arts » mettra en situation historique comment le comité de la « jeune peinture » groupe politisé depuis les années 63-65 à l’occasion d’une assemblée générale décida de l’occupation de l’école. Les étudiants au début étaient peu impliqués. C’est avec l’utilisation de la presse lithographique qui donna ainsi l’occasion aux artistes (Rougemont, Cueco, Eros, Fromanger, ) de faire des affiches (jusqu’à 2 a 3000 par jour) devenus depuis célèbres. Plus de 10 000 personnes sont passés par les beaux arts dont plus de 300 artistes. Ils faisaient des affiches a la demande des comités de grèves, des employés de la SNCF, des ouvriers de chez Renault…L’affiche « CRS-SS » et celle avec Cohn-Bendit ont nécessitées des heures de discutions. Après 68 pendant deux ou trois ans nous avons fondés des ateliers populaires un peu partout en France. Mais il faut bien préciser que ce n’est pas les Beaux Arts qui ont fait Mai 68, mais précisément 68 qui à fait les ateliers populaires des Beaux Arts.

Autre lieu fort de la contestation fut le théâtre de l’Odéon. Jean Jacques Lebel, acteur et témoin, anarchiste depuis toujours raconte que la Sorbonne étant occupée par la police qu’un groupe d’artistes et intellectuels d’extrême gauche réunis dans le bureau de Guattari avec les acteurs du Living théâtre et des anars décident d’occuper le lieux le plus officiel, symbole du « cirque gaullien marié au stalinisme » où on jouait du Claudel qu’est le théâtre de l’Odéon, en plus pas loin des Beaux arts et de la Sorbonne. Pour cela le lendemain Jean Jacques Lebel propose à l’AG des étudiants de Nanterre et du groupe anarchiste Rouge et Noir l’occupation de l’Odéon.

Le 15 mai une centaines de jeunes se sont donnés rendez vous au métro St Michel et rentre en force au théâtre, interrompe un ballet de PaulTaylor et hisse le drapeau noir sur le toit.

Jean Jacques Lebel:  » Contre le crétinisme. J’écris «L’imagination prend le pouvoir» sur la façade (ça vient de Nietzsche). C’est-à-dire: le pouvoir tue. Tandis que l’imagination au pouvoir c’est l’inconscient, la vision poétique, la créativité collective qui triomphent du crétinisme de droite ou de gauche. Mai 68 n’est pas un mouvement qui vise à conquérir quoi que ce soit dans l’ordre du pouvoir institutionnel. Notre objectif est plus ambitieux: changer la règle du jeu, modifier les relations humaines, ne plus être des objets, devenir des sujets. »

Suite à l’occupation Malraux vire Jean Louis Barrault de la direction du théâtre. Le théâtre devient un espace ouvert, une « Agora » où tout le monde s’exprime, joue, le spectacle est permanent.

Jean Pierre Duteuil

Jean-Pierre Duteuil, tout n’a pas commencé en ce printemps 68. « Deux ans avant, on se mobilise contre la guerre du Vietnam, il y a la mort de Martin Luther King et en France beaucoup de luttes ouvrières ont lieu. On se sent solidaires. Ca nous marque beaucoup. Pour moi, Mai 68 découle de tout cela, ce n’est pas qu’un mouvement étudiant, c’est la grève générale. Et les grévistes se sont reconnus à leur tour dans les manifs étudiantes. D’une manière générale, la pensée anti-autoritaire de mai a marqué la société. 68 c’est aussi la remise en cause et la contestation du savoir de l’école, une critique de la hiérarchie, de toutes les hiérarchies ».
Aux côtés de figures emblématiques du mouvement comme Serge July, Alain Geismar et bien sûr un certain Daniel Cohn-Bendit, Jean-Pierre Duteuil fait un temps son chemin. Si ceux-là prennent ensuite bien d’autres routes, tant idéologiques que professionnelles, le militant Duteuil reste militant. Et révolutionnaire. Après mai, il enseigne la psycho-sociologie à Dauphine puis part dans le Pays basque pour apprendre le métier d’imprimeur avant de revenir s’installer dans le Poitou, toujours partie prenante dans le mouvement social. Comme une suite logique en somme à ce que fut Mai.
Car, dit-il, c’était cela aussi Mai 68, « pas triste, pas un sacrifice ni un apostolat. D’ailleurs la lutte n’est efficace que si on y prend du plaisir ! ».

Jean Pierre Le Dantec

Jean-Pierre Le Dantec (né à Plufur (Côtes-du-Nord) le 14 mars 1943), de parents instituteurs et résistants, entre à l’École centrale de Paris et obtient son diplôme d’ingénieur en 1966.

Il milite à l’Union des étudiants Jeancommunistes de 1963 à 1965, et se rapproche du courant althussérien.

En 1965, il est exclu de l’UEC pour ses positions proches du Parti communiste chinois.

A la création de l’Union des Jeunesse Communistes, marxistes léninistes (UJC-ml), en décembre 1966, il est l’un de ses responsables. Il fait partie, avec quatre autres dirigeants dont Robert Linhart, de la délégation invitée en Chine, la même année, au tout début de la Révolution culturelle.

À l’été 1968, après une réunion clandestine de la direction, les militants de l’UJC-ml organisent une « longue marche » à la rencontre de la « France populaire », au cours de laquelle jeunes lycéens, étudiants et quelques enseignants vont participer aux travaux et aux luttes de la paysannerie : Jean-Pierre Le Dantec avec Gérard Vallerey va dans les Côtes-du-Nord, Benny Lévy va à Sochaux, Nicole et Robert Linhart vont dans le Languedoc, Gérard Miller dans la région nantaise…

A la fin de l’été 1968, après l’implosion de l’UJC-ml, Le Dantec fonde la Gauche Prolétarienne avec une minorité de militants, autour de Benny Lévy, Christian Riss, Olivier Rolin, Serge July, Alain Geismar et Robert Linhart.

Après Roland Castro (1er mai 1968), il devient le 1er novembre 1968, directeur de publication de La Cause du Peuple, organe de l’UJC-ml (dix-huit numéros paraîtront jusqu’au 13 mars 1970).

En 1970, alors que toutes les semaines le journal La Cause du Peuple est saisi dès sa publication par décret du ministre de l’intérieur Raymond Marcellin, Le Dantec est arrêté et placé en détention provisoire, en tant que directeur. Le 27 mai, il est condamné à un an de prison pour « délits de provocation aux crimes contre la sûreté de l’État et apologie du meurtre, du vol, du pillage et de l’incendie. ». De sérieux incidents entre la police et les manifestants ont lieu le jour de son procès. Le directeur de la publication qui prend la relève (le 14 avril 1968), Michel Le Bris, connaît un sort équivalent, avec 8 mois de prison.

Ensuite, Jean-Paul Sartre est nommé directeur de la publication de la Cause du Peuple et l’hebdomadaire paraît alors sans être saisie.

Je pense qu’Edgar Morin est le mieux placé pour donner une dimension et une réflexion philosophique tout en faisant le lien entre chaque chapitre du film. Il a écrit plusieurs livres et articles sur le thème.

Ce qui m’intéresse avec Édouard Balladur c’est tout d’abord sa proximité avec Le premier ministre de l’époque, Georges Pompidou, puis sa franchise, fin politique il n’a rien à cacher, sachant très bien que c’est la vérité qui fait peur et que l’on respecte.

Avec Henri Weber ce que j’aime en voyant le sénateur, le grand patron, un des tireurs de ficelles du PS depuis des décennies, c’est de l’imaginer en gauchiste…chef du service d’ordre, préparant l’insurrection parisienne.

Maurice Grimaud, qui ne nous avait pas dit que son fils était sur les barricades, est un des rares personnages en qui le général de Gaule avait confiance. Il est peut-être le fusible qui n’a pas pété et a fait que le mois de Mai ne termine dans un bain de sang.

Comme il y a eu déjà beaucoup de documentaires hagiographiques sur ce sujet je veux aussi montrer les contrechamps (de l’autre côté des barricades) à travers les rapports de police, des témoins et les analyses des événements fait par les renseignements généraux qui se trouvent dans les archives de la préfecture de police de Paris. Ces documents serviront pour étayer ce que nous a dit l’ancien préfet de Paris Maurice Grimaud (décédé en 2009).

Les Renseignements généraux, eux, s’intéressent surtout aux meneurs et fauteurs de trouble. Ils pistent Daniel Cohn-Bendit, tentent de percer les secrets des trotskistes ou du Mouvement du 22 mars, s’inquiètent de la présence des « Katangais » à la Sorbonne et scrutent les intentions de Pierre Mendès France, de François Mitterrand ou du PCF.

L’Histoire s’éclaire différemment. Mai 68 n’a pas été seulement cette grande fête étudiante qui a bouleversé les mœurs. Ce furent aussi des combats de rue, quasi insurrectionnels, qui ont fait vaciller le général de Gaulle et la Ve République.

Devant une certaine vacance du pouvoir, la police parisienne a souvent été le dernier rempart d’un gouvernement déboussolé. Tous les acteurs de cette époque aussi folle que capitale reconnaissent d’ailleurs au préfet Grimaud le mérite d’avoir contenu ces désordres en évitant un bain de sang.

Rapport de police sur la journée du 22 Mars 1968 :

« Dans la foulée, les étudiants occupent certains locaux administratifs de la faculté de Nanterre et décident de créer un organe de révolte, le Mouvement du 22 mars. Dès lors, plus une semaine sans que Cohn-Bendit fasse l’objet de rapports des RG. Pourtant, le pouvoir va commettre un faux pas monumental : fermer Nanterre et traduire l’« agitateur » devant le conseil de discipline de la Sorbonne, c’est-à-dire, comme le dit une note des RG, «souffler sur le feu à Paris». « M. Cohn-Bendit et six de ses camarades comparaîtront le 6 mai, à 9 heures. Les intéressés prendront connaissance de leur dossier une heure avant. Par mesure de solidarité avec leurs camarades de Nanterre, les étudiants sont invités par l’UNEF et le Mouvement du 22 Mars à se rassembler. En raison de la tension qui règne actuellement dans les milieux estudiantins, ce rassemblement, auquel 2 000 personnes sont susceptibles de participer, est de nature à donner lieu à des incidents. » 

STRUCTURE DU FILM

Le film va commencer avec une vue aérienne de Paris. Un zoom infographique nous mènera aux 9 points forts choisis pour raconter cette histoire. L’université de la Faculté de Nanterre, de la Sorbonne, du théâtre de l’Odéon, de la rue Gay Lussac, de l’usine Renault, du journal Action et du côté de l’ordre nous avons La préfecture de Police, L’Elysée, Matignon et l’ORTF. Cette façon de raconter l’histoire passant par plusieurs points de vus nous permet de faire des raccourcis et d’accentuer les points qui nous paraissent importants. D’un autre côté nous voulons mettre en évidence que cette période est une addition d’aventures individuelles dans un destin collectif.

Faculté de Nanterre :

Pour commencer le film après une archive sur les manifestations contre la guerre du Vietnam à Paris, Henri Weber nous raconte le moment où tout a commencé par une action où un étudiant de Nanterre Xavier Langlade faisant partie d’un commando qui attaquait l’American express le 20 Mars 1968 fut arrêté place de l’Opéra. Plus de 300 étudiants organisent une Assemblée générale dans les locaux de l’université, décident d’occuper les lieux et de former un mouvement du nom du jour. Ce mouvement du 22 mars connaitra ses prémices une année plus tôt lorsque 60 étudiants décident d’abattre les cloisons entre les cités universitaires des filles et des garçons. L’heure est résolument à la conjugaison du quotidien et du politique (sexualité / guerre).

France. Nanterre. Suite à l’arrestation de Xavier Langlade mis en cause pour l’attaque de l’Américan Express, rue scribe, le 20 mars, ses camarades de la Faculté de Nanterre occupe la salle de délibération du conseil de la faculté dans le batiment administratif. Ce moment donnera naissance au « Mouvement du 22 mars »

Préfecture de Paris :

Par chance, en opposition avec le ministre de l’intérieur Marcellin, le préfet Maurice Grimaud, nommé depuis un an, où vient de succéder au célèbre Maurice Papon (par les meurtres du métro Charonne) cherche à calmer le jeu.

Voici la lettre de Maurice Grimaud aux policiers » Je m’adresse aujourd’hui à toute la Maison : aux gardiens comme aux gradés, aux officiers comme aux patrons, et je veux leur parler d’un sujet que nous n’avons pas le droit de passer sous silence : c’est celui des excès dans l’emploi de la force ».

Le préfet Maurice Grimaud en 1968

L’ancien préfet de Paris Grimaud nous raconte que le 5 mai dans un rapport des RG il découvre avec inquiétude que les organisations gauchisantes constituent un véritable état-major qui tend à structurer le mouvement. Ainsi, une note confidentielle alarmiste du 5 mai affirme qu’une véritable réunion stratégique s’est tenue pour préparer les futures actions: «A l’issue de la manifestation estudiantine au Quartier latin, des membres de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), du Comité de liaison des étudiants révolutionnaires (Cler) et de l’Union de la jeunesse communiste marxiste-léniniste (UJCML) se sont réunis 45, rue d’Ulm (Ve), dans la nuit, au siège de l’Ecole normale supérieure, afin de mettre au point l’action envisagée lundi 6 mai à la Sorbonne.»

Toutes ces organisations se donnent rendez-vous, pour une démonstration de force, le 10 mai en fin d’après-midi, place Denfert-Rochereau. Les 12 000 manifestants gagnent le Quartier latin par le boulevard Arago. Le service d’ordre étudiant empêche quelques « enragés » de s’attaquer à la prison de la Santé. Le boulevard Saint-Michel et la rue Gay-Lussac vont alors connaître ce qu’on appellera la grande « nuit des barricades», l’épisode le plus dur et le plus marquant des événements de Mai. 

De son côté, le préfet est assailli en permanence par des rumeurs d’une extrême gravité. Une note des RG du 10 mai relève qu’un tract intitulé « Mille blessés, trois morts au gaz de combat », signé « Mouvement du 22 mars », a été distribué la veille au Quartier latin. Nouvelle note au lendemain des barricades : « Selon certains dirigeants de l’Unef, des reporters d’Europe n° 1 ont acquis la certitude qu’il y a eu des morts la nuit dernière au Quartier latin.

D’après la même source, ces journalistes sont sur le point d’avoir des preuves et se proposent de diffuser aussitôt l’information sur les ondes. » Le bruit court même que des corps ont été jetés à la Seine, comme en octobre 1961. Ce qui explique que les manifestants scandent un vengeur « Grimaud assassin ». Une autre note de l’état-major, datée du 11 mai, à 10 h 40, rend pourtant compte : « M. le Préfet est très irrité par les communiqués de presse et de radio faisant état de l’emploi par les forces de l’ordre de grenades au chlore. M. le Préfet demande de faire analyser les grenades que nous avons actuellement. » 

Hervé Hamon raconte le meeting du 3 mai dans la cour de la Sorbonne où un certain nombre d’étudiants se retrouvent pour protester contre la fermeture de la fac de Nanterre et la comparution d’étudiants devant le conseil de discipline. Face à la situation tendue avec d’autres groupes d’étudiants, le Recteur Roche fait évacuer la Sorbonne. A la suite de cette évacuation débute des incidents dans le quartier latin avec les forces de l’ordre. Il y a près de 600 interpellations.

C’est la surprise qui règne. Un certain nombre de personnes appréhendées la veille sont condamnées. L’UNEF et le SNESUP appellent à la grève illimitée. Les cours sont suspendus à la Sorbonne.

Hervé Hamon souligne la simultanéité de ce genre de mouvements de l’extrême gauche dans toute l’Europe, de Berlin à Rome, Londres…Lui qui était étudiant à la Sorbonne à ce moment-là précise qu’il ne s’y attendait pas du tout. C’est l’intervention policière d’un meeting à la Sorbonne tout à fait ordinaire qui dégénère avec l’arrivée des membres du 22 de Mars en une énorme manifestation de protestation qui embrasse le quartier Latin. Le Mouvement du 22 mars réunit plusieurs courants : la mouvance Jeunesses communistes révolutionnaires, les anarchistes libertaires, les situationnistes, des énervés et des inorganisés, ces derniers représentant la moitié des 142 membres. Photos et Archives du 3 Mai dans le centre de Paris.

Le préfet Maurice Grimaud raconte qu’il n’a pas d’explication sur la violence du 3 Mai avec le dégagement brutal de la Sorbonne. Dans le film à part les illustrations photos et filmées nous allons montrer aussi des extraits de rapports de police concernant leurs actions et les rapports des renseignements généraux ainsi que les infiltrés qui nous permettent de voir mieux avec le recul ce que savait ou supposait connaître la préfecture et qui allait en informer le gouvernement.

Théâtre de l’Odeon :

L’évacuation de l’Odéon se révélera plus complexe. L’occupation de ce théâtre agaçait particulièrement le général de Gaulle. Aussi une première opération secrète fut-elle programmée pour la nuit du 19 au 20 mai. Elle consistait à s’introduire par les trois sous-sols du bâtiment – d’où la présence de deux sections de moniteurs en tenue avec casques, barres à mine, haches, pioches, cisailles… Au total, 1 870 hommes sont sur le pied de guerre. L’opération requiert aussi 40 projecteurs (en cas de coupure électrique) et 100 boucliers (protection contre jets d’objets, en particulier des cintres). Un subtil stratagème est même prévu : « L’arrivée de formations sur la place de l’Odéon pourrait créer une diversion en laissant croire que l’attaque va se dérouler de ce côté, qui est à l’opposé du premier.» 

Vers 0 h 15, un policier en civil s’introduit dans le théâtre. Il décrit la situation à ses supérieurs : «3 000 personnes se trouvent encore à l’intérieur – dont une cinquantaine de comédiens, parmi lesquels Sami Frey, Michel Piccoli et Raymond Rouleau.»

Sur ordre du préfet, l’opération est finalement annulée et, à 2 h 40, les effectifs spéciaux sont décommandés. 

Le lendemain matin, le théâtre est évacué sans trop de heurts. Récit du commissaire qui a dirigé l’opération : « A 9 h 4, ma formation s’est dirigée rue Médicis. Sur place étaient présents MM. le Préfet de police, Maurice Grimaud, le directeur de la PJ, Max Fernet, et le directeur adjoint des RG, Jean Caille. M. le Préfet de police a entamé des discussions avec les occupants du théâtre, qui, peu à peu, sont sortis sans résistance. Ils étaient palpés, puis conduits sous la protection de mes effectifs à l’extérieur des barrages principaux, où ils étaient libérés, sans identification, sur instruction du préfet. 

« Diverses armes (fusils de chasse, plombs, manches de pioche, ceinturons, chaînes, cocktails Molotov, grenades, masques à gaz, casques) et de nombreux projectiles (pavés, boulons, bouteilles, panneaux et disques de signalisation) ont été saisis par la PJ à l’intérieur du théâtre. Le hall d’entrée, les loges d’acteurs et les locaux de vêtements de scène ont été souillés ou plus ou moins dégradés. Un dortoir avait été installé dans les greniers ainsi qu’une infirmerie dans les couloirs du troisième étage.» 

A sa tête, un homme se présentant comme médecin, qui a d’ailleurs accueilli le préfet, en blouse blanche, un stéthoscope sur les oreilles. Intrigués, les RG l’ont suivi jusqu’à l’hôtel où il habitait. Après enquête, il s’est révélé qu’il s’agissait en fait d’un escroc d’origine latino-américaine ayant pour spécialité la vente de renseignements, notamment à la DST, le contre-espionnage français… Le dernier bastion de Mai est tombé ! 

Des milliers de personnes sont dans la rue, des poubelles flambent. Une odeur de plastique brulé, mêlée aux effluves des lacrymogènes empuantit l’atmosphère, les ambulances s’affolent, des pavés volent par dizaines dans tous les sens. Les « enragés » sont des milliers, les groupuscules ont multiplié par dix, cent, mille, leurs effectifs.

Le premier bilan fait état de six-cents personnes interpellées. Plus de cent hospitalisées. Et soixante-douze policiers sont blessés dont plusieurs sérieusement.

La Sorbonne est fermée, comme Nanterre, et l’enseignement suspendu dans les deux universités. La grève générale est décrétée dans toutes les facultés dans la soirée.

L’Elysée et Matignon :

De l’avis de ses propres partisans, De Gaulle a été complètement surpris par une crise qu’il ne prévoit pas et ne comprend pas. Indifférent aux revendications étudiantes et à la « crise de civilisation » qu’elles révèlent. Dans les premiers jours de mai, ses seules consignes sont de réprimer brutalement les manifestations étudiantes, contre l’avis de plusieurs de ses ministres qui conseillent l’apaisement. Mettant de l’huile sur le feu, le Général contribue de fait à l’escalade d’un conflit qu’il aurait été facile de circonscrire. Le Général expose, dans cette allocution, qu’il entend que l’État doit rétablir l’ordre, maintenir la République. ‘La rue, c’est le désordre, la menace du totalitarisme, « la chienlit »‘. Propos du 19 mai, lors d’une entrevue entre le Général et quelques-uns de ses ministres, dont Georges Pompidou qui le rapporta aux journalistes à sa sortie de l’Élysée.

Le soir même, de violents incidents éclatent à Paris, on relèvera des centaines de blessés et plusieurs barricades érigées. Le 26 mai, les accords de Grenelle passés entre le gouvernement Pompidou, les représentants des syndicats et du patronat aboutissent à un train de mesures classiques. De Gaulle préside le conseil des ministres qui ratifie aussitôt les accords, mais à la surprise de Pompidou et des chefs syndicaux, la base rejette les avancées de Grenelle, estimant que c’est la société entière qui est en cause. Les grèves continuent. Le 27, une manifestation stade Charléty lance l’idée d’un gouvernement provisoire. La disparition soudaine et inexpliquée du chef de l’État, partie en hélicoptère le 29 mai pour une destination inconnue, provoque la stupeur et ouvre la voie à toutes les supputations. Il passe par Baden Baden où il est reçu par le général Massu.

Dès son retour à Paris le 30 mai, son allocution radiodiffusée a le ton de la fermeté. Il y annonce la dissolution de l’Assemblée nationale. Elle est suivie d’une immense manifestation organisée par le gaulliste Charles Foccart sur les Champs-Élysées. Après les discours un peu décevants qui avaient précédé, la France semblait retrouver son « de Gaulle des grands jours.

La campagne des législatives occupa les forces politiques, tandis que la reprise du travail se faisait progressivement. La reprise en main, autoritaire, se fait parfois sans ménagement. Les groupuscules gauchistes sont dissous, l’Odéon et la Sorbonne évacués, les journalistes grévistes de l’ORTF licenciés (un tiers de l’effectif total). Des Comités d’action civique, répondant à l’appel de De Gaulle, se constituent pour dresser des listes noires de grévistes et d’agitateurs notoires, et la police même renoue avec la brutalité des premiers jours de mai (quatre morts à déplorer en juin 1968).

Cependant, De Gaulle bénéficie de la lassitude d’une opinion qui après avoir manifesté jusque fin mai sa sympathie majoritaire pour les révoltés, commence à se fatiguer de l’absence de perspectives du mouvement. L’Élysée semble plus coupé des Français, la confiance n’est pas vraiment rétablie. L’éviction du vrai vainqueur de la crise, Pompidou, a été mal comprise, et ce dernier fait désormais figure de recours et de successeur potentiel. De Gaulle n’est plus irremplaçable.

Bien que la fin de l’histoire c’est Balladur qui la raconte :

Pour Edouard Balladur, alors conseiller spécial de Georges Pompidou, qui était au cœur d’un pouvoir le gouvernement était alors aux abonnés absents. « Plus personne n’obéissait au gouvernement », confie-t-il. « Tout le monde était dépassé », ajoute-t-il au fil des images, finissant par lâcher l’aveu qui tue : « Il n’y avait plus d’Etat. Tout s’est effondré. » Cette lucidité balladurienne est partagée par d’anciens « enragés » de Mai 68 comme Henri Weber ou José Arthur.

Pour Edouard Balladur, Pompidou est le héros de Mai 68. Il doit rentrer d’urgence d’une visite officielle en Iran et en Afghanistan alors que les émeutes couvent. On l’entend récuser la force alors que des ministres veulent ouvrir le feu sur les étudiants et que le général de Gaulle est « très tenté par les mesures d’autorité ». Il est écœuré par ses amis politiques gagnés par la peur qui l’accusent de « capitulation ». Au cœur de la « chienlit », on l’observe plutôt découragé, jugeant le général « dépassé par l’ampleur de la révolte ».

Pompidou manœuvre habilement entre les écueils, attise la division entre étudiants et salariés et entre les syndicats – avec lesquels Edouard Balladur négocie avec un téléphone sous écoutes ! – et parvenir, même si la négociation de Grenelle se conclut sans accord, à une « alliance objective » avec la CGT contre « le désordre ». Pour son conseiller social, Pompidou a gagné : « Paris n’a pas renversé le régime », il n’y a pas eu de « bain de sang ». Une « victoire exceptionnelle ». Loin de vouloir, comme son disciple Nicolas Sarkozy, liquider l’héritage de Mai 68, Edouard Balladur juge que Mai 68 a servi à faire chuter De Gaulle et donner le Pouvoir à Pompidou ».

Mais moi j’ai envie de finir le film avec Edgard Morin et son optimisme d’ancien résistant qui parle de l’insuffisance d’une civilisation qui promettait le meilleur, une fin comme dans les films d’époque avec réussite, succès, amour face à la réalité socialo-économique de son époque. Après Mai 68 il trouve que l’on est rentré dans la crise du bonheur comme si on avait ouvert les yeux devant un vrai mal être psychologique et moral…faisant entrer notre société dans une âge adulte avec la mort du père (de Gaulle).

Selon les entretiens nous allons construire ces images des lieux de pouvoir avec des allers retours de l’un à l’autre quitte à les mettre en contradiction avec le fil de l’histoire, les archives, les actualités de l’époque. Nous avons bien conscience que 50 ans après ce sont les images, souvenir, fantasmes de ces jours de gloires pour certains que nous mettons à la lumière de nos projecteurs. Pour cela nous faisons confiance aux jugement ses téléspectateurs pour tirer leurs propres conclusions.

INTERVENANTS

Maurice GRIMAUD

Préfet de police de Paris durant les événements de mai 1968. Maurice Grimaud restera dans l’Histoire comme un des principaux acteurs de cette période. Maurice Grimaud n’est qu’un préfet au parcours modeste lorsqu’il devient en 1967 préfet de police de la ville de Paris, en dépit de ses sympathies pour la gauche, succédant à Maurice Papon.

En mai 1968, la capitale explose. Maurice Grimaud impose son autorité aux forces de l’ordre, exige la modération dans leurs interventions et dialogue avec les manifestants lors d’incessants appels et palabres. Son attitude durant cette période, mêlant fermeté et prudence, lui vaudra la réputation d’avoir été l’un des principaux artisans du retour au calme dans la capitale française.

Edgar MORIN

Théoricien de la connaissance, philosophe et anthropo-sociologue, est né à Paris en 1921. Edgar Morin donnera au film une dimension et une réflexion philosophique, il a écrit plusieurs articles sur Mai 68 et notamment le livre, La Brèche, édité en 1968 et réédité en 1988. Nourri des analyses  » à chaud  » des événements de 68 et des commentaires du mêmes Edgar Morin, vingt ans après. Ce livre permet au lecteur de d’avoir une vision toujours neuve de Mai 68 et de revisiter ce moment clé du XXe siècle, si important pour notre société, notre culture, notre avenir. Mai 1968 est un événement à réinterroger. Il peut être utilisé comme moyen d’investigation pour nous questionner sur notre société, notre culture, notre devenir.

Edouard BALLADUR

L’ancien Premier ministre Edouard Balladur fût l’un des plus proches collaborateurs de Georges Pompidou, d’abord à Matignon puis à l’Elysée. En Mai 68 il était conseiller aux affaires sociales du premier ministre Georges Pompidou.

« Tout le monde avait sous-estimé mai 68 », assure Edouard Balladur affirmant que la France est pourtant « le seul pays où le pouvoir a failli être renversé ».

 « J’ai eu un sentiment de très grand éloignement. (…) On était enfermé dans un bureau avec des coups de téléphone à donner »

« Ce qui m’a frappé, ça a été de voir certains hommes vaciller. (…) J’ai eu le loisir d’observer comment réagissaient les uns et les autres. Cela a été une leçon d’humanité », ajoute l’ancien Premier ministre français (1993-1995), qui confie avoir beaucoup appris avec cette crise. 

Plus question de continuer à se laisser attaquer par des journalistes contestataires, des « gauchistes » comme on disait alors. Des voix familières disparaissent de nos transistors, l’O.R.T.F. ayant procédé à une purge sans précédent. Pour cette raison, les persifleurs désormais, se feront rares sur la radio de service public et, même après 1968, on peut les compter sur les doigts d’une main : José Artur, Claude Villers et Pierre Bouteiller (qui seront quand même évincés, mais dans les années 70)

Henri WEBER

Henri Weber, c’est ce jeune homme aux cheveux bruns que l’on voyait souvent aux côtés d’Alain Krivine et de Daniel Bensaid dans les années 1960-1970. Un des leaders de la contestation étudiante de mai 68 chez les trotskistes, un des fondateurs de la Ligue Communiste, puis de la Ligue Communiste Révolutionnaire au début des années 1970.

Weber, comme beaucoup, a cependant vite quitté ses grands rêves de révolution pour entrer, dans les années 1980 au Parti socialiste. Il y fait une brillante carrière, qui finira par le mener au poste de sénateur, puis à celui de député européen de 2009 à 2014.

Hervé HAMON

Agé de 20 ans en 1968, l’écrivain a choisi, dans Demandons l’impossible, le roman-feuilleton de « Mai 68 » (Ed. Panama) de décrire les événements de mai 68 sur le ton de la comédie, avec une oeuvre de fiction. Il est aussi l’’auteur, avec Patrick Rotman, du livre-enquête « Générations » sur l’engagement des jeunes des années 50 aux années 70,

« Je ne suis pas très porté sur les commémorations et, par ailleurs, il me semble qu’en France, on est assez inapte à accomplir un honnête travail de mémoire (il suffit d’observer le niveau des polémiques, 40 ans après). Il me paraissait donc nécessaire d’écrire une sorte de « Good bye Lenin », très dialogué, très « populaire », afin de restituer l’ambiance de ce temps enfui, notamment à l’intention de lecteurs jeunes. Et puis je voulais que ce soit une comédie, qu’on sourie. Parce que, si les commémorations sont funèbres, Mai 68, c’était marrant. »

Jean Pierre Le dantec:

Jean-Pierre Le Dantec étudie à l’École centrale de Paris où il obtient son diplôme d’ingénieur en 1966 (Il est de la même promotion que le chanteur Antoine). Il milite en même temps à l’Union des étudiants communistes (1963–1965), puis devient le responsable de l’UJC (ml) (maoïste) en 1967 et fait partie de sa délégation en Chine la même année, au tout début de la Révolution culturelle. Il s’inscrit ainsi dans le mouvement maoïste de la Gauche prolétarienne dans les années 1970, qui prône la violence et dont il devient l’un des leaders. Après plusieurs postes en tant qu’enseignant de mathématiques, Jean-Pierre Le Dantec fait son entrée à l’École d’architecture de Paris-La Villette (alors Unité pédagogique no 6)2.

En 1970, alors que toutes les semaines le journal La Cause du Peuple est saisi dès sa publication par décret du ministre de l’intérieur Raymond Marcellin, il est arrêté et placé en détention provisoire, en tant que directeur de la publication du journal. Le 27 mai, il est condamné à un an de prison pour « délits de provocation aux crimes contre la sûreté de l’État et apologie du meurtre, du vol, du pillage et de l’incendie. ». De sérieux incidents entre la police et les manifestants ont lieu le jour de son procès. Le directeur de la publication suivant, Michel Le Bris, connaît un sort équivalent (8 mois). Toutefois, entre-temps Jean-Paul Sartre a été nommé directeur de la publication de la Cause du Peuple et le gouvernement n’ose pas l’arrêter lui aussi. Ce même 27 mai, la Gauche prolétarienne est interdite.

Alain Jaubert

Alain Jaubert a été marin avant d’être journaliste scientifique, chroniqueur musical, enseignant. Réalisateur de nombreux films documentaires, il est l’auteur de la série «Palettes» diffusée depuis 1989 sur Arte et dans le monde entier. Il a déjà publié aux Éditions Gallimard deux essais , Palettes et Lumière de l’image, et deux romans , Val Paradis, récompensé par la bourse Goncourt du premier roman en 2005, et Une nuit à Pompéi, en 2008. En 2019 il publie un livre sur son Mai 68: « sous les pavés… »

Voici une déambulation, rêveuse et fougueuse, d’une barricade vers une autre barricade, dans le Paris du mois de mai 1968. On y croise toutes les grandes figures de l’époque, sans qu’aucun nom ne soit jamais cité. Charge au lecteur de reconnaître ces personnages. Un générique final l’y aidera (avec par ordre d’apparition).
Alain Jaubert, acteur et observateur, décrit sous forme romanesque sa déambulation dans le Paris de mai 68. Des histoires d’amour, des rencontres avec des personnages célèbres – jamais cités nommément, le lecteur les reconnaîtra grâce à un générique final (avec par ordre d’apparition) –, des déambulations d’une barricade vers une autre barricade, et des pavés… bien sûr !

LA CHRONOLOGIE DES EVENEMENTS

DE MAI 1968

07/02/1968 : Heurts violents à l’occasion d’une contre-manifestation organisée par les Comités Vietnam.

24/02/1968 : Déclaration politique et sociale commune PCF – FGDS

20/03/1968 : Attaque du siège parisien de l’American Express.

22/03/1968 : Incidents à Nanterre. Occupation de la tour administrative. Création par les anarchistes du Mouvement du 22 mars.

28/03/1968 : Suspension des cours à Nanterre jusqu’au 1er avril.

25/04/1968 : Le député communiste Pierre Juquin est expulsé du campus de Nanterre par les gauchistes prochinois.

28/04/1968 : Un commando prochinois dévaste une exposition de soutien au Sud-Vietnam.

01/05/1968 : Défilé CGT, PC, PSU (République – Bastille). Naissance de La cause du peuple.

02/05/1968 : Début du voyage de Georges Pompidou en Iran et en Afghanistan. Incidents à Nanterre où les cours sont suspendus.

03/05/1968 : Meeting dans la cour de la Sorbonne. Editorial de Georges Marchais dans l’Humanité qui y fustige « l’anarchiste allemand Cohn-Bendit » et raille les « révolutionnaires ». Evacuation par la police requise par le Recteur Roche. Manifestation au Quartier latin, incidents, près de six cents interpellations.

04/05/1968 : Condamnation de personnes appréhendées la veille. Appel à la grève illimitée de L’UNEF et du SNEsup. Suspension des cours à la Sorbonne.

05/05/1968 : Condamnation de quatre manifestants du 3 mai à la prison ferme.

06/05/1968 : Comparution de Daniel Cohn-Bendit et d’étudiants nanterrois devant la commission disciplinaire. Manifestations, puis premières barricades et violents affrontements avec la police au quartier latin, plus de quatre cents arrestations.

07/05/1968 : Manifestation de Denfert-Rochereau à l’Etoile.

08/05/1968 : Discours d’Alain Peyrefitte à l’Assemblée Nationale.

09/05/1968 : Les leaders étudiants annoncent leur intention d’occuper la Sorbonne dès le départ des forces de l’ordre. En réponse, Alain Peyrefitte déclare que la Sorbonne restera fermée jusqu’au retour au calme.

10/05/1968 : Nuit d’émeutes au Quartier latin où soixante barricades se dressent. Intervention de la police à partir de deux heures du matin.

11/05/1968 : La CGT, la CFDT et la FEN appellent à la grève générale pour le 13 mai. Retour de Georges Pompidou d’Afghanistan qui annonce la réouverture de la Sorbonne pour le 13 mai.

13/05/1968 : La Cour d’appel met en liberté provisoire les condamnés du 5 mai. La Sorbonne est rouverte et aussitôt occupée. Manifestation syndicale de la gare de l’Est à Denfert-Rochereau. Les étudiants continuent jusqu’au Champs-de-Mars. Grève générale et manifestations ouvriers-enseignants-étudiants.

14/05/1968 : Départ du Général de Gaulle pour la Roumanie. Dépôt d’une motion de censure à l’Assemblée Nationale par le PCF et la FGDS.

15/05/1968 : Occupation de l’Odéon et de l’usine Renault à Cléon.

16/05/1968 : Le mouvement de grève s’étend dans les entreprises.

17/05/1968 : Rencontre Mitterrand – Waldeck Rochet. Grève à l’ORTF.

18/05/1968 : Retour du Général de Gaulle. Grève générale, la paralysie économique gagne l’ensemble du pays.

20/05/1968 : La grève se généralise.

22/05/1968 : La motion de censure déposée par la gauche est rejetée, elle ne recueille que 233 voix. Daniel Cohn-Bendit est interdit de séjour. Création du Comité national de défense de la République (CDR). Les syndicats se déclarent prêts à négocier avec le gouvernement. Attaque du local national conjoint des CDR et du Service d’action civique rue de Solferino par des manifestants.

24/05/1968 : Nouvelle nuit des barricades. Le Général de Gaulle annonce un référendum sur la participation (entreprises, universités) pour le mois de juin. La Bourse est incendiée. Un commissaire de police est tué à Lyon par un camion lancé par les manifestants.

25/05/1968 : Début des négociations rue de Grenelle.

26/05/1968 : Le Général de Gaulle donne son accord à Jacques Foccart pour l’organisation d’une grande manifestation pour le vendredi 31 mai (elle aura finalement lieu le 30).

27/05/1968 : Accord sur le protocole de Grenelle entre les syndicats, le patronat et le gouvernement (augmentation du SMIG et des salaires, réduction des horaires, abaissement de l’âge de la retraite). Meeting de Charléty organisé par l’UNEF, le PSU

28/05/1968 : Conférence de presse de François Mitterrand qui annonce sa candidature à la présidence de la République en cas de vacance du pouvoir.

29/05/1968 : Le conseil des ministres est ajourné. Le Général de Gaulle se retire et quitte l’Elysée à 11h15 et n’arrive à Colombey-les-deux-Eglises, via Baden-Baden où il a rencontré le Général Massu, qu’à 18h30. Pierre Mendès France se déclare prêt à former un « gouvernement de gestion ».

30/05/1968 : A 16h30 le Général de Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée Nationale. Une manifestation de soutien au chef de l’Etat réunit un million de personnes sur les Champs-Elysées.

31/05/1968 : Remaniement ministériel. Manifestations de soutien au Général de Gaulle en province.

05/06/1968 : Début de reprise du travail dans la fonction publique.

06/06/1968 : Evacuation violente de Flins par les CRS ; affrontements.

10/06/1968 : Mort du Lycéen Gilles Tautin.

11/06/1968 : Evacuation de Peugeot-Sochaux ; affrontements : 2 morts. Réoccupation de Flins par les grévistes.

18/06/1968 : Reprise du travail chez Renault, Peugeot, Citroën.

23/06/1968 : Premier tour des élections législatives

30/06/1968 : Second tour des élections législatives

Réalisateur Jorge AMAT

: Licences de Cinéma et d’Arts Plastiques à Paris VIII.

Élève de Jean Douchet, Jacques Rivette, Roger Dadoun, Jean Painlevé et Gilles Deleuze

Filmographie

Télévision :

2020: Les 7 vies de Madeleine Riffaud » 2 x 52mn

2019: Filles de Mai » 52 mn

2016: Les Résistants du train fantôme avec Guy Scarpetta, 52 mn FR3

2015 : Kantorowicz chez Kafka : doc sur le peintre Kantorowicz

2014 : Une série de clips sur l’art.

2013: Léo Bassi l’anti Pape de Lavapies – 52 mn doc sur un clown philosophe.

2013: Génération Ferré- 52 mn doc sur Léo Ferré -Arte

2012: « L’instinct de Résistance »-52 mn avec Stéphane Hessel, Pierre Daix, Armand Gatti, Serge Silberman.

2010 – La France des camps, 1938/1946 – 84 min. France 2 (les 200 camps de concentrations et 600 000 internés)

2009 – Halte à la mafia – 62 min. Arte (la révolte de la société civile en Sicile contre la Cosa Nostra)

2008 – Maréchal nous voilà ? – 62 min. France 2 (la propagande sous Vichy)

2007 – La traque de l’affiche rouge – 72 min. France 2, docu-fiction (comment la police a fait tomber le groupe Manouchian)

2004 – Témoins de la libération de Paris – 52 min. TV5 / Planète

2004 – 20 ans en août 1944 – 90 min. France2 (la Libération de Paris vécue par Madeleine Riffaud)

2003 La voix de Jean Moulin  – 90 min. France 2 (la résistance et la mort de Jean Moulin)

2001 Ciao Bella Ciao – 60 et 80 min. Planète / La vidéothèque de Paris (l’exil des gauchistes italiens en France) – distribué au cinéma Accatone.

2000 – Le trésor de Yamashita – 52 min. France 3 (le butin de guerre japonais aux Philippines)

1999 – L’espoir pour mémoire » – 3 X 55 min. France 3 /Planète (chronique des Brigades Internationales en Espagne: 1936-39)

1998 – L’oeil du Consul – 52 min. France 3 (la guerre des Boxers et la Chine en 1900)

1990 / 1999 – Treize films de I3 à 52 min. sur l’Opéra de Paris, le musée du Louvre, Beaubourg, Orsay et sur des grands peintres (Picasso, Picabia, Max Ernst, Dado, Clavé, Amado…) pour FR3, Arte, Canal Plus.

1984- Décors et mirages : doc sur les gd décorateurs de l’opéra de Paris: FR 3

1981- Les costumes de l’opéra de Paris: FR3

Cinéma :

2020: Les 7 vies de Madeleine Riffaud » 90 mn -cinéma

2019: Filles de Mai : 94 mn: sortie salle cinéma Paris et provinces

2018: La memoria rota; 84 mn: Diffusion Madrid

2017: Les Résistants du train fantôme: 84mn: pour le cinéma; Paris et province

2014 : L’instinct de Résistance – 86 mn – doc avec Armand Gatti – Pierre Daix – Stéphane Hessel – Serge Silberman- distribué en salles de cinéma.

2013 : Scénario de long métrage : Trois femmes à Paris.

2008 : Sonate pour un fugitif – 80 min. (avec Ainara Iriba et Jordi Florès). Cinéma Accatone.

2007 : A la recherche de Kafka – 75 min. (avec Tom Novembre, Albert Delpy, Juliette Andréa).Cinéma Accatone

2005 : Dado tagueur – 70 min. – documentaire (pendant 4 ans, l’artiste Dado a peint des fantômes de lépreux dans une chapelle près de Gisors).

2003 : Voyage en Oxyplatine – 65 min. (journal de bord de 2 ans de maladie). Sélectionné au Festival de Saint-Sébastien.

1997 : Les Paradoxes de Buñuel – 80 min. (avec Michel Piccoli, Jean-Claude Carrière). Sélectionné aux festivals de Venise, Tokyo et Saint-Sébastien. Canal plus.

1984 : Clin d’œil – 90 min. (avec Julien Negulesco, Dominique Varda). Prix spécial du jury au festival de Saint-Sébastien. Distribution salles cinéma.

1974- « La mort de l’utopie » fiction avec Arrabal, manuelle Riva, José Luis Aguirre, Charlotte Trench. Festival Avignon, sortie en salles.

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