Film Voces en la noche Français)

Voces en la noche Francais

Réalisation: Jorge Amat

Son et effets spéciaux: Pablo Melchor

Mixage et post production Tito do Pinto

Distribution DVD Doriane Film

Film HD 96 mn

Avec : Le chanteur Raimon, Mario Gas, José luis Aguirre, José Sanchez, Jaime Pastor qui étaient à Paris en 68 et Luis Boada (à Barcelone) (concert en Catalan à Madrid en 68), Marina Subirach,  Luis Boada, Antonio Perz, Antonio Novillo, Victor Gomez Pin, Xavier Ribalta.

Ils étaient chanteurs (catalans) metteurs en scène, acteurs, sociologues, anthropologue, universitaire, ouvrier et surtout révolutionnaires.

Près d’un demi-siècle après la mort de Franco dans son lit, j’évoque les Espagnols qui vivaient alors à Paris et qui avaient pris une part active dans les événements de mai 68 et ceux qui ont agi dans les pays. Étant moi-même fils d’exilés espagnols, je n’ai pu retourner en Espagne qu’en 1975, et je me suis toujours interrogé sur l’influence que les événements parisiens auraient pu avoir sur la lutte politique en Espagne. L’objectif n’est pas tant d’en faire un récit historique, mais une archéologie subjective soutenue par dialogue avec les rescapés de ces années.

L’envie de faire ce film est aussi en relation avec l’actualité en Espagne où les structures des partis traditionnels sont en train de s’effriter, phénomène commencé justement en 1968. Je voudrais pouvoir filmer les derniers témoins encore en vie de la lutte antifranquiste où le nationalisme se mélangeait au politique.  On pourrait dire que c’est maintenant que les idées de Mai 68 sont de plus en plus nécessaires. Car en 1968 dans le monde entier, aussi bien aux USA, à Londres, Amsterdam, Paris et Berlin ce ne sont pas les partis qui ont enflammé la rue mais des citoyens qui déjà ne croyaient plus dans le système de vie que la société leur offrait. Le contre-pouvoir d’alors est parti de la rue, de groupuscules et d’individualités qui se sont agglomérés selon les affinités politiques.

Le mouvement étudiant en Espagne s’est développé dans des conditions et de manières très différentes du mouvement de Mai en France. D’abord, les conditions imposées par la dictature rendaient difficiles la politisation et la conscience des étudiants et de leur organisation, mais elles étaient un catalyseur de rébellion.

La majorité des étudiants venait de familles bourgeoises ou de la classe moyenne professionnelle, et les étudiants universitaires provenant des familles de travailleurs n’étaient que le 4%. Par conséquent, les étudiants, principalement des hommes, étaient les enfants des vainqueurs de la guerre civile et, en tout cas, appartenaient à la bourgeoisie et aux classes moyennes professionnelles qu’était la base sociale du régime. L’intérêt qu’a suscité le mouvement étudiant en France en Mai 1968 dans un large secteur s’est multiplié de façon exponentielle dans le secteur étudiant du Front de Libération populaire, organisation dans laquelle militaient de nombreux leaders étudiants à l’époque. Le festival de Raimon du 18 mai 1968 à la Faculté d’Economie et la mobilisation subséquente de plus de 6.000 étudiant.e.s qui pendant des heures se sont confronté à la police dans les rues de Madrid, ont été l’expression de la « majoration » de l’université de Madrid, que le chanteur a rappelé dans « 18 de maig à la villa » au moyen de versets « Per unes quantes hores/ ens vàrem sentir lliures,/ i qui ha sentit la llibertat/ té més forces per viure » (Pendant quelques heures / nous nous sentîmes libres / et qui a senti la liberté / a plus de forces pour vivre).

A partir du moment où les événements se sont précipités avec la fuite du général De Gaulle à Baden Baden, les éditos de la presse espagnole sont devenus de plus en plus agressifs contre les manifestants. Le 25 mai 1968, le journal ABC (qui existe encore aujourd’hui se situant dans la frange la plus conservatrice) écrivait : « […] C’est précisément ce que les émeutiers voulaient :  des morts dont ils avaient besoin […]. Que l’on ne parle plus d’éléments non contrôlés alors qu’il s’agit de milices parfaitement entraînées et armées. » Si l’Espagne était si virulente contre les manifestants, c’est que les universités du pays s’échauffaient et le risque de contagion commençait à faire planer l’inquiétude au sein de l’intelligentsia.

Le retour de De Gaulle et la manifestation monstre du 30 mai de « la majorité silencieuse favorable » au gouvernement français, qui mit fin aux révoltes de mai 68, a été accueillie avec euphorie dans les cercles médiatiques espagnols.

Finalement, le fait principal du suivi journalistique de mai 68, fut l’offensive d’un journal à la ligne libérale qui portait le nom « Madrid ». Dans un article titré  » Retirarse a tiempo »: no al général De Gaulle », le journal attaquait en sous-entendu le dictateur Franco. En sanction il fut fermé pendant deux mois et reçu 250.000 pesetas d’amende.  En 1971, le journal baissait définitivement le rideau.

Il s’agit de mettre face à face, lors d’interviews, des personnages, totalement opposés, qui n’ont pas l’air d’avoir vécu la même histoire, dans le même pays, et non un film nostalgique, où des ex gauchistes racontent leurs heures de gloires.

Avec plus de 50 ans de recul cela nous permet de voir, ce qui positif, faux, ou tient de la propagande sinon de la forfanterie ou même de la légende, on fait un travail d’archéologie à travers le cinéma.

Lieux de tournages : Madrid, Barcelone, Caceres, Paris, Saragosse, Séville…

Note d’intention de réalisation :

Ce film se veut un peu comme Les journées de Mai 68, vivant, comme une polyphonie de voix qui dans un mouvement brownien donnerait aux spectateurs une sensation de vie, d’euphorie, de lutte et d’adrénaline.

Ce n’est pas un film d’histoire mais une recherche d’archéologie humaine dans les cendres de ce que fut cette éruption volcanique non annoncée dans le ciel des années 1966 -74.

La narration filmique s’articulera chronologiquement sur une série d’entretiens qui seront illustrés et entrecroisés avec des éléments d’archives pour que l’on situe aussi bien l’époque que l’environnement (le look, la musique, la presse, le ton des voix). On recherchera des archives moins connues tout en nous approchant le plus possible des visages, des mots d’ordres et du contraste entre cette jeunesse et la violence de la répression d’une société qui n’aimait pas ses enfants. Le visuel est très important, il s’agit d’avoir un impact fort, quitte à utiliser des extraits des actualités et de la propagande de cette année-là.

Autre élément qui m’a frappé c’est le changement du discours politique aussi bien dans la pratique du théâtre, de la poésie, de la peinture, de l’affiche et de la chanson qui a basculé et essayé de s’exprimer autrement. Cela il faut le montrer avec le travail du « living Theater », du théâtre du soleil, de Ángeles de la Torre Bravo, Antonio Saura…et bien d’autres. Pour donner un décor qui correspond a ce film qui est fait de fragments de mémoires, de vécus, d’archives, de tracts, de dessins, de photos, je pense que le mieux est de reconstruire un Paris virtuel. Il serait une imbrication d’images de la ville en 1968 reflétée dans celle d’aujourd’hui comme un espace factice fabriqué par notre cerveau.

On passera de l’Odéon de 2017 à celui occupé par les étudiants. Dans une télé d’une vitrine du Bd St Michel on verra les CRS charger dans cette même rue 50 ans avant. Casser l’espace-temps pour donner plus de force à la parole. On ne reconstruit pas le passé, on le juxtapose à côté du notre et de notre mémoire.

Chacun à sa façon se situait dans un Paris différent, surtout pour un jeune espagnol. La bataille se passait entre des positions bien délimitées : La préfecture de police de Paris, Matignon, l’Odéon et l’ORTF tandis que la rue appartenait quant aux manifestants quant à la police. Ce sont dans ces lieux de pouvoir et de contre-pouvoir que s’est déroulé cette insurrection, qui avait quand même réussi à bloquer la France entière. On ne raconte pas une légende, on montre ce qui reste de l’envers du décor.

Cela me permet de construire une structure filmique autour des lieux du pouvoir et de la contestation (contre-pouvoir) en relation avec des témoins qui ne sont plus là et d’autres que nous allons filmer.

 Note historique :

Dans la décennie 1964-1974, juste avant la mort du dictateur, le temps s’est accéléré dans l’État espagnol. C’étaient les années de la fin du régime de Franco. Une époque où les changements dans le monde se multipliaient ; une époque où proliféraient de nouvelles expériences, dirigées par la gauche politique et sociale.

L’Espagne a connu dans les années soixante un développement économique important et l’apparition des courants politiques liés à l’Opus Dei ou autour de gens comme Manuel Fraga Iribarne (années leader plus tard dans la démocratie du Parti populaire) au sein du régime qui, à travers des changements cosmétiques très limités, cherchaient gagner une nouvelle légitimité pour la dictature auprès des puissances occidentales en tant que régime autoritaire acceptable.

De nombreuses années ont passé avant que le mouvement ouvrier ne se remette de la défaite de 1939. Il est très important de garder à l’esprit que l’un des succès de la dictature a été de rompre la transmission des idées, des traditions et des expériences des organisations de la gauche vers les générations suivantes. Il n’y avait pas une mémoire vivante de son histoire. L’histoire hégémonique (et presque unique) était celle des vainqueurs, celle du régime de Franco. De même, le régime autarcique franquiste a rendu très difficile l’accès à la production littéraire, au débat économique et aux conceptions politiques socialistes et antifascistes, mais en vérité il n’a jamais réussi à imposer l’isolement intellectuel et l’autarcie. Il y avait plusieurs canaux qui permettaient l’osmose des idées et des courants.

Les révoltes des années soixante étaient l’expression du profond mécontentement que suscitait le modèle d’exploitation et de consommation dans les couches de la jeunesse de l’État espagnol et de plus en plus dans le prolétariat industriel. Ils ont également exprimé l’inconfort et la distance des secteurs importants de la gauche sociale concernant les propositions d’intégration dans un franquisme « réformé », de l’opposition socialiste fantomatique et même, dans certains secteurs, la méfiance envers les propositions eurocommunistes, majoritaires dans le mouvement d’opposition au franquisme.

En 1966, se poursuivent des assemblées et mobilisations syndicales libres et massives. À Madrid, les professeurs Tierno Galván (plus tard maire de Madrid), Aranguren et trois autres professeurs ont été expulsés de l’université ; ainsi qu’à Barcelone celle de Manuel Sacristán et 68 professeurs non numéraires (PNN). La Cour (TOP) a multiplié les procès contre les représentants des universités de Catalogne et de Madrid. La longue et exemplaire grève des travailleurs de Laminación de Bandas à Frío de Echevarri [petite ville près de Bilbao] a eu un grand écho auprès des étudiants de tout l’Etat espagnol, qui ont développé de nouvelles formes de solidarité. Le régime a tenté de sceller sa continuité « constitutionnelle » à travers la loi organique de l’État, première pièce à institutionnaliser le régime franquiste sans Franco, qui a été accompagné l’année suivante par la Loi Fondamentale du Royaume.

Le 30 avril 1968, les étudiants de différentes villes adhèrent aux manifestations de CCOO du 1er mai. Tout au long du mois, les étudiants ont montré leur solidarité avec les travailleurs de Standard (métallurgie) et Pegaso (fabriquant des camions) à Madrid et SEAT (automobile) à Barcelone. De même, ils ont boycotté la conférence à la Faculté de Droit de Madrid de Servan-Schreiber (libéral néo-capitaliste) aux cri de « À bas l’Europe des monopoles », « Vive l’Europe socialiste ».

La plupart des étudiant.e.s d’avant-garde, stimulé.e. par la répression, ont essayé de nouvelles formes d’organisation sur la base de l’exemple français. Ils initient les « procès critiques » aux enseignant.e.s et mettent en place une politique basé sur « l’action exemplaire » avec une orientation antihiérarchique et antiautoritaire. Un grand secteur des étudiants influencé par le FLP développe des comités d’action clairement anticapitalistes. Pour sa part, le PCE tente de renouveler la formule des conseils d’élèves et de la plate-forme des syndicats avec une politique plus académique et subordonnée au projet réformiste d’« Alliance des forces du travail et de la culture ». Le 1er décembre, les affrontements massifs avec la police rebondissent à Barcelone et à Madrid.

En janvier 1969, le Rectorat de Barcelone est envahi par les étudiants. Le drapeau « national » est brulé et le buste de Franco détruit. Le rejet du drapeau rouge et or monarchique avec l’aigle impérial se répandra dans d’autres universités tels que Valence.

Le 20 janvier, Enrique Ruano, étudiant de Droit à Madrid, membre d’une famille bourgeoise et activiste du Front de Libération populaire (FLP), arrêté quelques heures auparavant, est assassiné par défenestration par des membres de la police politique – Brigade politique sociale. Au-delà des manifestations d’étudiants, d’autres secteurs de la société se mobilisent et une grève générale prend place dans toutes les universités.

La réaction du régime ne se fait pas attendre. Il met fin à la période des politiques (timides) d’« ouverture » et de « libéralisation ». Le 24 janvier, l’état d’urgence est déclaré sur tout le territoire de l’État espagnol. Ceci prolonge la mesure en vigueur à Guipúzcoa depuis août 1968 après l’exécution par l’ETA du chef provincial du BPS, Melitón Manzanas, en réponse à l’assassinat du dirigeant de l’ETA Txabi Echebarrieta. Manuel Fraga Iribarne, ministre de Franco et plus tard « démocrate », déclare après le meurtre de Ruano par la police et la déclaration de l’état d’urgence, et en craignant que l’Espagne reproduise des situations comme celle de France : « Mieux vaut prévenir que guérir. Nous n’allons pas attendre un jour de mai pour que plus tard le retour à l’ordre soit plus difficile et plus coûteux ».

En février, il y a des déportations de professeurs de gauche et de membres de l’opposition. Plus de 500 arrestations d’étudiants et de travailleurs. 230 activistes des CCOO et des militants étudiants sont traduits en justice. Le régime met à terme sa phase de libéralisation technocratique. Le deuxième paquet de mesures visant à renforcer le régime est en cours : le renouvellement de l’accord militaire avec les États-Unis (utilisation des bases sur le territoire espagnol) et la nomination de Juan Carlos Borbón comme futur successeur de Franco dans la direction de l’État à la mort de ceci.

Avec : : Mario Gas, José luis Aguirre, José Sanchez, Jaime Pastor qui étaient à Paris en 68 et Luis Boada (à Barcelone) et autres…le chanteur Raimon (concert en Catalan à Madrid en 68), Marina Subirach Martori …

JAIME PASTOR VERDÚ

Au cours de l'année universitaire 1967-68, j'ai été étudiant en 4ème année de Sciences Politiques et délégué du Syndicat Démocratique des Etudiants (SDEUM) de la Faculté des Sciences Politiques, Economiques et Commerciales. J'étais également membre du Front de libération populaire, une organisation politique à laquelle j'avais adhéré l'année précédente et qui se situait alors entre la « nouvelle gauche » européenne et le « guévarisme ». L'événement peut-être le plus emblématique de cette année-là, auquel j'ai contribué en tant que délégué pour qu'il se tienne malgré les menaces policières, a été le concert de Raimon à ma Faculté le 18 mai. Dans ce document, notre pleine solidarité avec la lutte des étudiants et des travailleurs en France était clairement exprimée.
L'arrêt et le mandat d'arrêt lancés contre moi au début du mois de novembre 1968 m'obligèrent à entrer dans la clandestinité et finalement à m'exiler à Paris fin janvier 1969. À Paris, je reçus l'avis d'expulsion de l'Université de Madrid à perpétuité et de toutes les Universités pendant quatre ans. Évidemment, cette année-là a radicalement changé ma vie et j'ai vu la voie s'ouvrir vers « changer le monde de bas en haut ».

Victor Gomez Pin :

Victor Gómez Pin s'installe à Paris très jeune, commençant ses études de philosophie à la Sorbonne jusqu'au diplôme de docteur d'État, avec une thèse sur l'ordre aristotélicien. Après des années d'enseignement à l'Université de Dijon, l'Université du Pays Basque (UPV-EHU) lui confie la Chaire de Philosophie. Depuis 1993, il est professeur à l'Université autonome de Barcelone (UAB), actuellement avec le statut émérite. Auteur de plus d'une trentaine d'ouvrages et d'une multitude d'articles, il tente depuis de nombreuses années de reconsidérer les vieux problèmes ontologiques des penseurs grecs à la lumière de la pensée actuelle, s'interrogeant notamment sur les implications que certaines disciplines scientifiques contemporaines ont pour la concept hérité de la nature. . Cette préoccupation l'a conduit à promouvoir la création du Congrès international d'ontologie, dont le comité scientifique comprend d'éminents scientifiques, ainsi que des philosophes, et dont les éditions biennales se tiennent depuis un quart de siècle sous le patronage de l'UNESCO. Il a été professeur invité, chercheur et chargé de cours dans différentes universités, dont l'Université internationale de Venise, l'Université fédérale de Rio de Janeiro, l'ENS de Paris, l'Université Paris-Diderot, le Queen's College de CUNY ou l'Université de Santiago. Il a reçu les prix Anagrama et Espasa Essay et en 2009 le "Internazionale Per Venezia Award" de l'Istituto Veneto di Scienze, Lettere ed Arti. Il est membre titulaire de Jakiunde (Académie des Sciences, Arts et Lettres). En juin 2015, il a été investi Docteur Honoris Causa par l'Université du Pays 

Obras publicadas:

El honor de los filósofos

Tras la física

Reducción y combate del animal humano

La mirada de Proust

Filosofía. Interrogaciones que a todos conciernen

Marina Subirats

Marina Subirats i Martori (Barcelona, 13 demarzo de 1943) es una socióloga, gestora pública, política y filósofa española. Fue Directora del Instituto de la Mujer (Ministerio de Asuntos Sociales), 1993 a 1996 y ocupó diferentes cargos en el ayuntamiento de Barcelona: concejala de Educación (1999 – 2006), Presidenta del Concejo de Sants Montjuïc (1999-2003), Presidenta del Concejo de Nou Barris (2003-2006) y quinta Teniente de alcalde y concejala de educación (2003-2006).1​ Como socióloga está especializada en los campos de sociología de la educación y sociología de la mujer.

Marina Subirats i Martori  hace los estudios primarios en la Escuela del Mar y los secundarios en el Instituto Joan Maragall del distrito del Ensanche de Barcelona. Entra en la Universidad de Barcelona, en la facultad de Filosofía y Letras donde cursará estudios y se licenciará en Filosofía en 1965. Ampliará estudios en la « École Pratique des Hautes Études » de París, Francia, donde obtiene el Diplôme d’Études Approfondies en Sociología en 1967. De 1967 a 1970 trabajará de investigadora en el Laboratoire de Sociologie Industrielle de París, bajo la dirección del profesor Alain Touraine. De vuelta a Cataluña será profesora de Sociología en la Universidad de Barcelona (1970-1973) y en la Universidad Autónoma de Barcelona UAB (desde 1973). Paralelamente trabajará de investigadora en la Fundación Jaume Bofill (1970-71), y el Instituto de Ciencias de la Educación de la UAB en diversas épocas.

Ha escrito diversos libros y numerosos artículos sobre aspectos de género, educación y estructura social de Catalunya. Actualmente es catedrática emérita de sociología de la UAB. Entre los libros, cabe destacar “Forjar un hombre, moldear una mujer”; “Coeducación, apuesta por la libertad”y “Mujeres y hombres, un amor imposible?”, escrito en colaboración con M. Castells.

José Luis Aguirre :

Il avait 28 ans, avait étudié la sociologie et les sciences politiques, un emploi précaire dans un laboratoire de sciences sociales. Il avait été exclu du parti communiste espagnol pour déviationnisme de droite (claudinisme) et rêvait d'une révolte à la Che Guevara... et boum ! ..
Cette nuit-là, il y avait Rogelio Ibañez, Víctor Gómez-Pin et José Luis González, accompagnés de
Paco Ibañez qui participait à une émission de radio avec un public dont je ne me souviens plus du nom...
... Et en partant de là, nuit de barricades ! voitures en feu, pavés qui volent, affrontement brutal avec la police et une adolescente (un ange) nous invite à se réfugier dans la maison de ses parents...
 
Quelques jours plus tard, la manifestation quotidienne avec barricades décide l'occupation de la Sorbonne, là l'information circule que Fernando Arrabal veut rassembler les Espagnols dans une salle de classe pour leur faire une proposition "espagnole", dit Arrabal :
...nous devons occuper un espace public qui appartient à l'État espagnol : le Collège d'Espagne à la "cité universitaire"
... Et voilà : Fernando del Val, Ricardo Aldanondo, Jesus Infante, José Luis González, Pedro Romero de Solís, Antonio Pérez, ce groupe de la Sorbonne sera rejoint par de jeunes anarchistes de la CNT en exil... Le L'occupation a duré plus d'un mois, nous avons reçu la visite aux Deux Chevaux de Chicho Sánchez Ferlosio, chanteur et poète, alors maoïste.
Deux conséquences importantes dans ma vie émergeront du Colegio de España :
1- Le théâtre, avec José Luis González (le marionnettiste du Rond Point des Champs Elysées)
Je connais la troupe théâtrale militante d'Armand Gatti, avec qui nous avons commencé la préparation de son oeuvre "La Passion du Général Franco" au TNP - Chaillot, qui, sous la pression du gouvernement, le Dr Franco est interdit, en réponse un spectacle itinérant est monté avec projection de diapositives, chansons, et interventions d'agitation politique, elle circule dans les maisons de la culture, de la jeunesse, des instituts... C'est ma première expérience scénique, décembre 1968. La pièce sera créée en 1975, j'y ai participé en tant qu'acteur .
J'ai travaillé au théâtre avec Philippe Adrian, Armand Gatti, Mario Gas et Pablo Rosal entre 1974 et 2018.
 
2- Le cinéma souterrain, après la rupture de 1968 et la découverte de la drogue, était à la recherche d'alternatives vitales, ce qui m'a conduit à l'époque vigoureuse
cinéma souterrain et entre 1970 et 2018 j'ai joué dans des films de Jorge Amat, Joaquín Lledo, Anne Marie Lallemand, Adolfo Arrieta, Pedro Almodóvar, Rafael Mazarrasa et Pablo Rosal

Mario Gas Cabré :

Les familles de Mario Gas sont liés au show business catalan. Son père, Manuel Gas, était chanteur et acteur. Sa mère, Anna Cabré, sœur du torero et acteur Mario Cabré, était danseuse. Mario Gas est né accidentellement à Montevideo, la capitale de l'Uruguay, lors d'une tournée musicale de ses parents.1 Il a commencé son activité dans le monde du théâtre pendant son séjour à l'Université. Il n'a pas terminé ses études de droit à l'Université de Barcelone, commençant son activité de metteur en scène de théâtre à la fin des années 1960.Il a mis en scène plus d'une centaine de pièces. Il a également été metteur en scène de productions d'opéra telles que La Traviata et Un Ballo in Maschera de Giuseppe Verdi ; Madama Butterfly de Giacomo Puccini et L'elisir d'amore de Gaetano Donizetti.
En tant qu'acteur de cinéma, il a participé à plus de trente films, avec des réalisateurs tels que Jaime Camino, Vicente Aranda, Bigas Luna, Luis García Berlanga, Félix Rotaeta, Ventura Pons et Josep Maria Forn. Il a également fait du travail de voix off pour des acteurs tels que Ben Kingsley, John Malkovich et Geoffrey Rush.
En 1996, il a reçu le Premi Nacional de Teatre de Catalunya, par la Generalitat de Catalunya, pour sa mise en scène de Sweeney Todd. En 1998, il reçoit la Ciutat de Barcelona des arts du spectacle pour ses productions Boys and Dolls et La reina de bellesa de Leenane.
En 2004, il est nommé directeur du Teatro Español de Madrid. En septembre 2006, il est impliqué dans une polémique autour d'un spectacle. A cette époque, Gas avait le soutien de plusieurs personnalités du monde de la culture.
Il a été limogé de son poste de directeur du Théâtre espagnol en 2012.




Lluís Boada: biografía 1968.

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Je suis rentré en politique en 1968 à l'âge de 21 ans, étudiant la troisième année de la Faculté des Sciences Économiques de l'Université de Barcelone et étant délégué de classe de l'Union Démocratique des Étudiants de cette université (SDEUB). Quelques semaines plus tard, j'ai été expulsé de l'Université de Barcelone et j'ai dû entrer dans la clandestinité.
Le SDEUB appartenait à l'Union Internationale des Etudiants (UIE) qui organisait des rencontres dans différentes parties du monde. Au mois d'avril, j'ai assisté à l'une de ces réunions qui s'est tenue à Belgrade. Je fus alors invité à visiter l'URSS. Sur le chemin du retour je m'arrêtais à Prague, siège de l'UIE. Dans les rues, le contraste avec ce qui se vivait à Belgrade ou à Moscou était évident. C'était le "Printemps de Prague" et cela a eu un fort impact sur moi.
Etre clandestin obligeait à éviter les trajets directs depuis les pays de l'Est vers Barcelone, je suis donc passé par Paris au retour. C'était début mai et le conflit étudiant venait d'éclater. Deux jours plus tard, j'ai voyagé à Barcelone en train de nuit et cette nuit-là, les syndicats ont déclaré une grève générale mais ils ont permis à notre train d'atteindre la frontière et j'ai donc pu arriver à Barcelone le jour prévu.
Quelques jours plus tard, avec d'autres collègues, nous avons chargé le coffre d'une voiture de bidons d'essence pour le voyage et sommes rentrés à Paris. Il y avait encore quelques barricades au Quartier Latin, mais nous étions plus intéressés à observer les formes d'auto-organisation qui se développaient à l'Université et dans d'autres lieux de travail. J'ai été impressionné surtout par le changement de comportement et de mentalité des personnes de diverses conditions sociales dans le climat révolutionnaire. La Révolution a cessé d'être un rêve abstrait, médiatisé par les cauchemars historiques encore en vigueur, et est devenue joyeuse, émancipatrice et réelle. Cette forme de Révolution est devenue le but de ma vie.
De retour à Barcelone, avec d'autres collègues, nous avons décidé de l'adapter à la réalité espagnole. Il a été exclu de poursuivre la lutte universitaire dans les paramètres syndicaux du SDEUB et l'Union des étudiants universitaires (UER) a été créée pour promouvoir cette lutte de manière plus agile, participative et créative. La mobilisation réalisée fut quelque chose de rare sous le régime de Franco et provoqua une grande confusion et une grande nervosité chez les autorités du Régime au cours du dernier trimestre de 1968.
Comme pour le Mai français, ces mouvements révolutionnaires sont par nature incontrôlables. On peut leur donner une direction et un sens, mais il est difficile de les garder dans le temps. A Barcelone, l'interruption du cursus universitaire en raison des vacances de Noël a été fatale. Au début du second mandat en janvier 1969, des éléments marginaux s'en prennent au Rectorat. En conséquence, l'Université de Barcelone a été fermée et quelques jours plus tard, l'état d'exception a été déclaré dans tout le pays. La répression a été brutale. J'ai dû m'exiler à Paris et cela a définitivement changé ma vie.
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Raimon 1968

Raimon en 1967 avait donné une représentation à l'Institut chimique de Sarriá, la même année où il entra au Sancta Santorum du Palau de la Música Catalana à Barcelone. Sa performance à Económicas de Madrid, le 18 mai 1968, a atteint une résonance en raison de sa nature symbolique. Les délégués culturels du SDEUM illégal, mais de plus en plus implanté, ont accepté d'inviter l'auteur-compositeur-interprète à se produire dans la capitale. Deux de ces délégués décédés aujourd'hui, Marta Bizcarrondo* et Arturo Moya, se sont rendus à Barcelone pour contacter Ramion et sa femme et représentante tout au long de sa carrière (l'Italienne Anna Lisa Conti). Ce dernier nourrissait des doutes quant à la réalisation de la performance. Enfin, l'autorisation a été obtenue du doyen de la faculté, Ángel Vargas Pérez. Les centres universitaires étaient les seuls qui, pour les événements culturels, ne nécessitaient pas d'autorisation gouvernementale préalable car ils dépendaient des autorités académiques. En tant que délégué de la faculté était l'étudiant Jaime Pastor, plus tard professeur et homme d'action politique.

Concierto de Raimon  en la Compluntensa de Madrid 68

Contexte politique :

  Antonio Novillo


      
    En 1966, j’ai commencé à travailler chez Simens. Entrée dans les commissions communistes de la jeunesse et des travailleurs. Lors du premier état d’urgence de 69, ils m’ont emprisonné pendant trois mois à la prison de Carabanchel. Je quitte Simens et commence à travailler comme photographe. Je suis membre du parti communiste faisant divers boulots, je dois faire l’armée et je ne me suis pas présenté, j’étais un fugitif. Ils m’arrêtent et m’emmènent à Villa Cisneros Sahara et je passe 18 mois dans le désert en guise de punition. Je sors de l’armée et vais à Londres. Je reviens en 1975 quand Franco meurt.

Lors de l'explosion à Paris, le discours officiel du régime franquiste a utilisé un « cintre » pour justifier la situation agitée des salles de classe en Espagne : « Ça arrive partout ». Cet argument supposé était présent dans une bonne partie de la presse espagnole. Cependant, même avec une esthétique similaire, ils ne se sont pas battus pour la même chose. Les conditions n'étaient pas les mêmes. Pourtant, le lien affectif et idéaliste fonctionnait. Les gens criaient dans la capitale de l'Espagne : "Madrid avec Paris, Paris avec Madrid !" Ce cri a été scandé dans l'acte qui allait devenir le plus emblématique de l'antifranquiste en classe : le récital Raimon à la Faculté des sciences politiques et économiques de l'Université de Madrid (aujourd'hui Université Complutense). en 1940, cela signifiait la première expression populaire de la chanson en catalan. En 1963, il avait sorti 'Al vent', une chanson qui pouvait suggérer d'autres lectures au-delà de sa fibre poétique. Étonnamment, Raimon a participé au Festival de la chanson méditerranéenne à Barcelone avec la chanson 'S'en va anar', chantée par Salomé dans la version féminine. Une chanson de Josep María Andreu et Lleó Borrell qui, bien qu'elle soit sortie sur disque, n'a jamais été incluse dans les récitals du chanteur, dominée de manière massive par ses chansons originales ou des adaptations de poètes. Le ministre Fraga n'a opposé aucune difficulté à cette participation à un festival de la chanson : "Il ne se passe rien car il y a une chanson en catalan", a-t-il déclaré à son équipe.
En 1967, il avait donné une performance à l'éloge des foules à l'Institut chimique de Sarriá, la même année qu'il entrait dans le Saint des Saints du Palau de la Música Catalana à Barcelone. Sa performance à Económicas de Madrid, le 18 mai 1968, a atteint une résonance en raison de sa nature symbolique. Les délégués culturels du SDEUM illégal, mais de plus en plus implanté, ont accepté d'inviter l'auteur-compositeur-interprète à se produire dans la capitale. Deux de ces délégués décédés aujourd'hui, Marta Bizcarrondo* et Arturo Moya, se sont rendus à Barcelone pour contacter Ramion et sa femme et représentante tout au long de sa carrière (l'Italienne Anna Lisa Conti). Ce dernier nourrissait des doutes quant à la réalisation de la performance. Enfin, l'autorisation a été obtenue du doyen de la faculté, Ángel Vargas Pérez. Les centres universitaires étaient les seuls qui, pour les événements culturels, ne nécessitaient pas d'autorisation gouvernementale préalable car ils dépendaient des autorités académiques. En tant que délégué de la faculté était l'étudiant Jaime Pastor, plus tard professeur et homme d'action politique.
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Faculté d'Économie du Complutense de Madrid (aujourd'hui Géographie et Histoire) lors du concert de Raimon le 18 mai 1968.

Raimon concert Madris 1968

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J'ai commencé en 1968 à l'âge de 21 ans, étudiant la troisième année de la Faculté des Sciences Économiques de l'Université de Barcelone et étant délégué de classe de l'Union Démocratique des Étudiants de cette université (SDEUB). Quelques semaines plus tard, j'ai été expulsé de l'Université de Barcelone et j'ai dû entrer dans la clandestinité.
Le SDEUB appartenait à l'Union Internationale des Etudiants (UIE) qui organisait des rencontres dans différentes parties du monde. Au mois d'avril, j'ai assisté à l'une de ces réunions qui s'est tenue à Belgrade. Je fus alors invité à visiter l'URSS. Sur le chemin du retour je m'arrêtais à Prague, siège de l'UIE. Dans les rues, le contraste avec ce qui se vivait à Belgrade ou à Moscou était évident. C'était le "Printemps de Prague" et cela a eu un fort impact sur moi.
Etre clandestin obligeait à éviter les trajets directs depuis les pays de l'Est vers Barcelone, je suis donc passé par Paris au retour. C'était début mai et le conflit étudiant venait d'éclater. Deux jours plus tard, j'ai voyagé à Barcelone en train de nuit et cette nuit-là, les syndicats ont déclaré une grève générale mais ils ont permis à notre train d'atteindre la frontière et j'ai donc pu arriver à Barcelone le jour prévu.
Quelques jours plus tard, avec d'autres collègues, nous avons chargé le coffre d'une voiture de bidons d'essence pour le voyage et sommes rentrés à Paris. Il y avait encore quelques barricades au Quartier Latin, mais nous étions plus intéressés à observer les formes d'auto-organisation qui se développaient à l'Université et dans d'autres lieux de travail. J'ai été impressionné surtout par le changement de comportement et de mentalité des personnes de diverses conditions sociales dans le climat révolutionnaire. La Révolution a cessé d'être un rêve abstrait, médiatisé par les cauchemars historiques encore en vigueur, et est devenue joyeuse, émancipatrice et réelle. Cette forme de Révolution est devenue le but de ma vie.
De retour à Barcelone, avec d'autres collègues, nous avons décidé de l'adapter à la réalité espagnole. Il a été exclu de poursuivre la lutte universitaire dans les paramètres syndicaux du SDEUB et l'Union des étudiants universitaires (UER) a été créée pour promouvoir cette lutte de manière plus agile, participative et créative. La mobilisation réalisée fut quelque chose de rare sous le régime de Franco et provoqua une grande confusion et une grande nervosité chez les autorités du Régime au cours du dernier trimestre de 1968.
Comme pour le Mai français, ces mouvements révolutionnaires sont par nature incontrôlables. On peut leur donner une direction et un sens, mais il est difficile de les garder dans le temps. A Barcelone, l'interruption du cursus universitaire en raison des vacances de Noël a été fatale. Au début du second mandat en janvier 1969, des éléments marginaux s'en prennent au Rectorat. En conséquence, l'Université de Barcelone a été fermée et quelques jours plus tard, l'état d'exception a été déclaré dans tout le pays. La répression a été brutale. J'ai dû m'exiler à Paris et cela a définitivement changé ma vie.

Raimon 1968

Raimon en 1967 avait donné une représentation à l'Institut chimique de Sarriá, la même année où il entra au Sancta Santorum du Palau de la Música Catalana à Barcelone. Sa performance à Económicas de Madrid, le 18 mai 1968, a atteint une résonance en raison de sa nature symbolique. Les délégués culturels du SDEUM illégal, mais de plus en plus implanté, ont accepté d'inviter l'auteur-compositeur-interprète à se produire dans la capitale. Deux de ces délégués décédés aujourd'hui, Marta Bizcarrondo* et Arturo Moya, se sont rendus à Barcelone pour contacter Ramion et sa femme et représentante tout au long de sa carrière (l'Italienne Anna Lisa Conti). Ce dernier nourrissait des doutes quant à la réalisation de la performance. Enfin, l'autorisation a été obtenue du doyen de la faculté, Ángel Vargas Pérez. Les centres universitaires étaient les seuls qui, pour les événements culturels, ne nécessitaient pas d'autorisation gouvernementale préalable car ils dépendaient des autorités académiques. En tant que délégué de la faculté était l'étudiant Jaime Pastor, plus tard professeur et homme d'action politique.

Concierto de Raimon  en la Compluntensa de Madrid 68

Contexte politique :

Lors de l'explosion à Paris, le discours officiel du régime franquiste a utilisé un « cintre » pour justifier la situation agitée des salles de classe en Espagne : « Ça arrive partout ». Cet argument supposé était présent dans une bonne partie de la presse espagnole. Cependant, même avec une esthétique similaire, ils ne se sont pas battus pour la même chose. Les conditions n'étaient pas les mêmes. Pourtant, le lien affectif et idéaliste fonctionnait. Les gens criaient dans la capitale de l'Espagne : "Madrid avec Paris, Paris avec Madrid !" Ce cri a été scandé dans l'acte qui allait devenir le plus emblématique de l'antifranquiste en classe : le récital Raimon à la Faculté des sciences politiques et économiques de l'Université de Madrid (aujourd'hui Université Complutense). en 1940, cela signifiait la première expression populaire de la chanson en catalan. En 1963, il avait sorti 'Al vent', une chanson qui pouvait suggérer d'autres lectures au-delà de sa fibre poétique. Étonnamment, Raimon a participé au Festival de la chanson méditerranéenne à Barcelone avec la chanson 'S'en va anar', chantée par Salomé dans la version féminine. Une chanson de Josep María Andreu et Lleó Borrell qui, bien qu'elle soit sortie sur disque, n'a jamais été incluse dans les récitals du chanteur, dominée de manière massive par ses chansons originales ou des adaptations de poètes. Le ministre Fraga n'a opposé aucune difficulté à cette participation à un festival de la chanson : "Il ne se passe rien car il y a une chanson en catalan", a-t-il déclaré à son équipe.
Le geste semblait faire partie de la tentative d'ouverture cosmétique après l'arrivée énergique du professeur galicien au portefeuille. Le soutien du public a fait que la chanson en catalan remporte le festival. Ce n'était pas un succès, mais cela semblait protégé par la curiosité et un certain arrière-goût de polémique. Raimon avait gravi les échelons pour devenir une référence originale pour un chanteur et auteur de textes poétiques très lus. Cette avancée, des décennies plus tard, serait appelée "l'Espagne plurielle". Ses performances n'étaient pas toujours autorisées et certains disques continuaient d'être condamnés pour être étiquetés non radiables.
En 1967, il avait donné une performance à l'éloge des foules à l'Institut chimique de Sarriá, la même année qu'il entrait dans le Saint des Saints du Palau de la Música Catalana à Barcelone. Sa performance à Económicas de Madrid, le 18 mai 1968, a atteint une résonance en raison de sa nature symbolique. Les délégués culturels du SDEUM illégal, mais de plus en plus implanté, ont accepté d'inviter l'auteur-compositeur-interprète à se produire dans la capitale. Deux de ces délégués décédés aujourd'hui, Marta Bizcarrondo* et Arturo Moya, se sont rendus à Barcelone pour contacter Ramion et sa femme et représentante tout au long de sa carrière (l'Italienne Anna Lisa Conti). Ce dernier nourrissait des doutes quant à la réalisation de la performance. Enfin, l'autorisation a été obtenue du doyen de la faculté, Ángel Vargas Pérez. Les centres universitaires étaient les seuls qui, pour les événements culturels, ne nécessitaient pas d'autorisation gouvernementale préalable car ils dépendaient des autorités académiques. En tant que délégué de la faculté était l'étudiant Jaime Pastor, plus tard professeur et homme d'action politique.
Faculté d'Économie du Complutense de Madrid (aujourd'hui Géographie et Histoire) lors du concert de Raimon le 18 mai 1968.

Raimon concert Madris 1968

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